Vers de nouvelles frontières de l'abrasion
Grindcore et deathgrind ne cessent d’influencer la musique extrême, mais aussi des genres périphériques, du punk hardcore expérimental jusqu’au métal électronique. Leur pouvoir abrasif se renouvelle à mesure que les techniques de production et de diffusion évoluent (home studios, mastering digital à outrance, collaborations transgenres). Si leur intensité peut sembler impénétrable, elle reste un manifeste de sincérité absolue : là où tout est lissé, polissé, compacté par l’industrie, ces sous-genres rappellent avec rage l’importance de la rupture, du chaos et de l’énergie brute. Cette abrasivité, loin d’être gratuite, cristallise la capacité de la musique à déranger, déraciner, éveiller — pour transformer, in fine, l’écoute en véritable expérience corporelle, physique, viscérale.