Le Blackgaze, Genèse d’une Mutation : Rappels, Contextes et Acteurs
Le terme “blackgaze” naît de la contraction entre black metal et shoegaze. Côté black metal, on retrouve depuis les années 80 une esthétique de la noirceur : guitares saturées, batteries blastées, voix criardes, production volontairement abrasive pour dresser des murs sonores oppressants (Metal Archives).
Le shoegaze, né au Royaume-Uni vers la fin des années 80 (My Bloody Valentine, Slowdive), introduit quant à lui nappes de guitares diluées, effets de réverbération, voix planantes et une approche quasi-psychédélique de la composition — la musique comme une masse insaisissable, sensorielle.
Le premier groupe cité par la presse lorsque l’on parle de blackgaze est Alcest. Mené par Neige (Stéphane Paut), le projet français franchit la barrière des genres dès “Écailles de lune” (2010). Naturellement, la “controverse” s’invite : ici le blast beat côtoie l’harmonie pure, la violence s’efface parfois au profit d’un onirisme qui tire la larme. Successivement, des groupes comme Deafheaven (États-Unis), Amesoeurs ou Wolves in the Throne Room fortifient la scène, donnant au blackgaze ses lettres de noblesse et… sa charge polémique auprès du public metal.