São Paulo : la forge brésilienne du thrash et du metal extrême
Impossible de ne pas évoquer São Paulo lorsqu’on parle de la montée du metal en Amérique latine. Dès les années 1980, la ville connaît un boom industriel, mais aussi une explosion démographique et d’inégalités sociales. Le terrain était fertile pour l’émergence de scènes alternatives.
- Naissance de la scène : Le premier Metal Open Air de 1984, la naissance du magazine Rock Brigade, et l’importation de cassettes et vinyles via le marché noir ont contribué à structurer la scène locale (source : Decibel Magazine).
- Groupes phares :
- Sepultura : Originaire de Belo Horizonte mais indissociable de la scène pauliste, ce groupe révolutionne le thrash et le death metal dès Morbid Visions, puis mondialise la samba dans le metal avec Roots.
- Ratos de Porão : Pilliers du punk hardcore brésilien, véritables catalyseurs de la fusion punk/metal.
- Sarcofago, Viper, Angra : Le spectre s’élargit rapidement vers le black metal, le heavy et le power prog.
Les bars, squats, fanzines et radios pirates participent à l’effervescence. São Paulo devient, dès la fin des années 80, un point de passage obligé pour les tournées internationales (Iron Maiden joue devant des foules record dès 1992).
Une agora, pas une forteresse : un metal ouvert aux influences
Le son pauliste n’hésite pas à mêler rythmiques sambas, textes en portugais, et influences latino-américaines. Avec Angra, on trouve des ponts entre la musique classique brésilienne et le metal progressif. Le public, lui, reste le moteur principal : selon Pollstar, São Paulo est, après Londres et New York, la ville qui accueille le plus de concerts internationaux de metal en 2019 et 2022.