Un miroir de la société scandinave : entre provocation et introspection
Contrairement à une idée reçue, la Scandinavie n’a pas toujours accueilli le black metal à bras ouverts. Les polémiques de l’époque Varg Vikernes - églises incendiées en Norvège à partir de 1992, plusieurs meurtres (dont celui du fondateur de Mayhem, Øystein Aarseth alias Euronymous) - marquent durablement l’image du genre (source : « Lords of Chaos », Moynihan & Søderlind, 1998).
Aujourd’hui, les festivals sont des espaces où cette mémoire trouble n’est pas effacée, mais réinterprétée. Des panels sur la relation entre black metal et culture chrétienne norvégienne, le rapport à l’écologie dans les textes ou la dénonciation d’extrémismes viennent régulièrement nourrir la réflexion collective.
On y trouve aussi une ouverture à l’international, qui témoigne de l’évolution d’une scène jadis repliée sur elle-même. Le fait que, lors de l’édition 2019 de Inferno, près de 40% des participants étaient non-norvégiens (sources : statistiques Inferno, conférence de presse 2019) montre la puissance du rayonnement global du black metal nordique… et sa capacité à fédérer malgré sa réputation d’élitisme.