Naissance de la fusion : le métal se nourrit de ses voisins
Le métal est un bâtard magnifique, né des liaisons du rock psychédélique, du blues-rock et de la musique classique. Mais dès les années 80, il commence à tirer sa force de l’ailleurs. Deux accélérateurs majeurs : l’apparition du thrash metal (Metallica, Slayer, Anthrax, Megadeth), qui emprunte la vélocité du punk, et l’essor du metal progressif – quand Iron Maiden, Queensrÿche et, plus tard, Dream Theater injectent des structures inspirées du jazz ou du classique.
L’appétit de fusion devient manifeste dans le courant crossover thrash : les Suicidal Tendencies, D.R.I., ou S.O.D. se repaissent du hardcore à pleine bouche. Ce brassage explosif sera suivi, dès la fin des années 80, par la première vague de métissages globaux : Sepultura convoque les rythmes afro-brésiliens sur “Roots” (1996) ; Deep Purple avait déjà ouvert la voie en 1969 en jouant avec un orchestre.