Un art en mouvement : l’ésotérisme aujourd’hui dans la scène métal
Si les grandes heures du satanisme « de provocation » façon 1980 semblent révolues, l’ésotérisme dans le métal est, depuis vingt ans, en pleine diversification. On assiste à un regain d’intérêt pour l’alchimie (Alcest, Oranssi Pazuzu), les mythologies extra-européennes (Saor, Melechesh), et même pour les recherches historiques sur le paganisme ou l’hermétisme (Gnosis de Vangelis Labrakis, 2019).
Plus encore, certains groupes – comme Rotting Christ ou Batushka – n’hésitent pas à piocher dans le rituel orthodoxe, l’iconostase et les manuscrits oubliés. L’esthétique suit : sur scène, symboles tels que le triquetra, la croix copte ou le cercle hermétique traduisent une curiosité et une érudition réelles, loin du simple pastiche.
Dans l’ambiance actuelle, où l’ésotérisme connaît un regain dans la pop culture (Netflix, littérature, séries nordiques), le métal conserve une approche à la fois respectueuse, décalée et vigoureuse, détournant le mystique pour mieux en réinventer la vibration.