PERSONA "Metamorphosis"

Catégories : Chroniques
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Sortie le 15 septembre 2017

Le metal symphonique, mélange de heavy-metal et d’orchestration symphonique, fut créé, développé et dominé par les pays européens nordiques (Suède, Allemagne, Danemark entre autres) dès les années 90. Mais ça, c’était avant !
Il aura fallu attendre 2012 pour qu’une chanteuse/pianiste serbe, Jelena Dobric, et un guitariste Melik Melek Khelifa pose la première pierre de Persona. Après avoir exploré plusieurs univers musicaux et jouer avec plusieurs musiciens, les deux créateurs s’associeront avec Yosri Ouada (guitare rythmique), Youssef Aouadi (batterie), Walid Bessadok (claviers) et Nesrine Mahbouli, deuxième femme du groupe, à la basse. 

Grâce à ce line-up, Persona, où chacun apporte ses propres influences et sa personnalité propre, deviendra en quelques années le premier groupe de metal symphonique tunisien reconnu internationalement. Le clip de leur morceau « Blinded » comptera plus d’un million de vues et sera grand vainqueur en 2015 des African Rock Music Awards dans la catégorie Best Metal Video. Si Persona a, récemment, brisé la glace de l’anonymat en 2016 avec « Elusive Reflections », dont est extrait le désormais célèbre « Blinded », ils doivent maintenant confirmer leur place au sein des grands groupes de metal symphonique.  
Peuvent-ils atteindre leur but avec « Metamorphosis » sorti il y a quelques jours ? La réponse est sans équivoque : oui, mille fois oui ! Le lyrisme d’Epica ou Within Temptation vous lasse ? La simplicité de Nightwish vous laisse de marbre ? Alors Persona est fait pour vous ! 

Le titre de l’album « Metamorphosis » colle parfaitement au groupe. Même si nous n’êtes pas anglophone, vous vous créerez vos propres images. Après un prologue (“The Initiation”) plutôt réussi, les choses sérieuses commencent avec « The Omen of Downfall » et « Esurience Guilefulness Omnipotence » (on aime la simplicité des titres !). Les métamorphoses commencent. La première et la plus évidente est celle de Jelena au chant. La demoiselle passe sans problème de la voix claire à la voix gutturale, comme si un petit oiseau, virevoltant pour échapper à la tempête musicale qui a lieu sous lui, devenait la seconde suivante, un puissant dragon pour se joindre au tumulte. Métamorphose ou schizophrénie ? Je l’ignore. Mais ce n’est que le début. « Metamorphosis » est un album qui vous transporte d’univers en univers, d’images en images. 

Les deux premiers titres sont franchement rentre-dedans avec une partie batterie qui aurait pu être jouée dans les années 70 avec sa complexité et son flot ininterrompu de breaks et de syncopes, les claviers sont puissants et les guitares, aux riffs entêtants, omniprésentes. Tout cet ensemble donne une impression de puissance mêlée à la fraîcheur du chant. Au moment, où l’on ressent le besoin de reprendre sa respiration, arrivent « Armour of Thorns » et « Netherlight ». Un peu de douceur et de simplicité dans ce monde de brutes ! Changement radical d’univers musical. Métamorphose. Mais pas le temps de s’endormir « Bête noire » vous assène une nouvelle claque. Et tout le reste de l’album est fait du même bois : douceur, claques, mélodie, riffs puissants, clavier cristallin puis nappes troublantes. On ne s’ennuie pas et on ne se lasse pas non plus. « Metamorphosis » regorge de surprises : le solo de guitare reste sur sa lignée tandis que tous les autres instruments changent radicalement de riff (passant allègrement du binaire au ternaire par exemple), le son du clavier très pur se métamorphose en vieux piano de saloon pour les dernières mesures d’un morceau, etc…une multitude d’arrangements qui suscitent un intérêt particulier de la part de l’auditeur à chaque morceau. Pour ne rien gâcher, le son (et les sons, tellement il y a de variété) est parfait deA à Z. A titre personnel, j’adore le son de la basse simple et direct. 

Je dois vous avouer que, n’étant pas un immense fan de metal symphonique, j’ai écouté «Metamorphosis » pour les besoins de cette chronique. Je l’écoute en boucle depuis trois jours ! Deux petits conseils avant de mettre un point final à cet article : ne restez pas sur « Bête noire » où le riff vous tournera dans la tête jusqu’au soir, et surtout, précipitez-vous afin de vous procurer cet album. 

Note : 17/20

Si vous êtes de passage à Paris ou dans le nord vous pourrez faire un détour pour voir Persona sur scène : 
23 septembre 2017 : FemME Festival, Eindhoven. 
24 septembre 2017 : Candy Shop, Paris. 
27 septembre 2017 : avec Beneath my Sins, Titans Club, Lens (Belgique). 
En partenariat avec Radio Metal Sound 29 septembre 2017 : avec Skeptical Minds, Garage Creative, Liège. 

Official website: www.persona.tn 
Facebook : https://www.facebook.com/personaband 
Bandcamp : https://personaband.bandcamp.com/releases 
YouTube: https://www.youtube.com/c/PERSONAOfficial

Par Eric - 20/09/2017

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