Pain of Salvation - Panther

Catégories : Chroniques
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Bonjour à toi amateur ou bien amatrice de Metal Progressif et d’étrangetés car aujourd’hui nous allons nous pencher sur Panther, le dernier album des Suédois de Pain Of Salvation. Cet opus est sorti le 28 août chez InsideOut Music avec le line-up de la seconde partie de la précédente tournée, c’est-à-dire sans Ragnar Zolberg mais avec le retour de Johan Hallgren à la guitare. On peut d’ailleurs retrouver cet album avec une belle pochette signée André Meister – un dessinateur en freelance.


Bien avant que l'album ne sorte fin août, les fans du groupe ont pu être plus ou moins surpris par le message du bassiste Gustaf Hielm à la mi-juillet annonçant son départ car le groupe était devenu pour lui trop chronophage. Ce message faisait suite à la sortie du premier single Accelerator où il était absent. Le groupe n’a pour l’instant pas émis la volonté de trouver son remplaçant même s’il semble bien avoir participé à la création de l’album. (Édit: après lecture d'une interview, il s'avère que c'est Daniel Gildenlöw qui s'est occupé des parties de basse)

Panther est donc le successeur du très acclamé et inattendu In The Passing Light Of Day et a été produit par le frontman du groupe Daniel Gildenlöw et Daniel Bergstrand, connu pour son travail avec In Flames, Meshuggah et Devin Townsend. L’album est le fruit d’une réflexion de deux ans et Daniel a « senti le besoin, durant son écriture, de pousser les frontières musicales ou sonores » du groupe tout en ne perdant pas de vue son identité. Les paroles sont quant à elles faites pour coller au mieux à la situation actuelle selon lui. En effet, on pourra retrouver des thèmes comme le mal-être, la déshumanisation, la solitude dans un monde que l’on ne comprend pas ou même la folie humaine ; on dirait que Pain of Salvation signe là encore un album transpirant la joie de vivre.

Mais du coup que vaut Panther ? Est-il aussi fort que In The Passing Light Of Day ? Pain of Salvation a-t-il continué à expérimenter ?

Eh bien Panther est un album encore plus dur à appréhender que son prédécesseur : les riffs complexes sont toujours là mais peu présents, les ambiances électriques ont remplacé les guitares pleines de distorsion, on découvre avec surprise plusieurs instruments au son clair comme, il semblerait, un banjo et quelques guitares acoustiques et il y a même plus de libertés au chant. Bref difficile de les comparer, même si Icon aurait pu en être un bonus track, et c’est au moins l’avantage et le plus gros inconvénient de Pain Of Salvation : rares sont les albums réellement semblables dans leur discographie, ce qui rend d’autant plus dur le fait d’aimer chacun des albums mais qui nous permet, en un sens, de ne jamais nous lasser de leur musique. Cette inconstance se retrouve même au sein de cet album : là où généralement on arrive à trouver un fil rouge assez aisément dans chacun de leurs albums, Panther est sans doute le plus dur à appréhender et à suivre. En effet, il sera certainement obligatoire de passer par plusieurs écoutes pour saisir toutes les idées saugrenues, ou même inhabituelles, prises par le groupe. Certains morceaux seront peut-être même toujours une énigme pour vous après vos multiples écoutes tout comme Reasons le fut pour moi en 2017.
Là où In The Passing Light Of Day pouvait passer comme plus direct, Panther semble vraiment sorti d’ailleurs ce qui le rend d’autant plus singulier dans la carrière du groupe de plus de vingt ans. Mais je ne cesse de me questionner sur l’avenir de ce groupe qui semble toujours expérimenter albums après albums.


Ceci-dit, Panther n’est pas un album pour moi, certes il regorge de qualités et d’idées de composition riches et originales pour ce qu’est le groupe mais il n’arrive pas à me charmer autant que son prédécesseur. Après loin de moi l’idée de dire que cet album est mauvais mais il semblerait juste que je sois tombé sur un album qui me plaise moins cette fois-ci. Il faut dire que ses expérimentations ne sont pas forcément dans mes habitudes musicales… Après comme le dit Daniel Gildenlöw, « cet album est pour vous ou bien quelqu’un que vous connaissez » et je ne pense pas être cette fois-ci la bonne personne. Le problème était peut-être mes attentes trop hautes sur cet opus, là où pour le précédent je n’attendais rien de particulier. En tout cas, Pain of Salvation nous signe un album bien plus complexe qu’auparavant, la découverte des singles peut bien vous aider à appréhender la nouvelle forme que prend cet album si jamais vous voulez vous lancer et être la personne visée par ce disque. Peut-être que je reviendrai à l’avenir sur cet album mais j’ai bien peur qu’il ne devienne comme Distance Over Time de Dream Theater, une simple curiosité du moment que je me force à écouter par amour du groupe ; affaire à suivre.

Par Gauvain - 01/09/2020

Commentaires

Il est toujours plaisant de lire tes chroniques : bien écrites, au style documenté et léger. Et oui, il y a bien longtemps que mon attirance pour POS s'est ternie; pourtant In the Passing LIght of Day m'avait redonné l'envie... Et puis pouf...de nouveau...non...plus pour moi! Daniel Gildenlow est et reste un grand compositeur et un musicien qui va où son envie le guide : il est fidèle à lui-même, et c'est bien ce qui est important dans notre monde.


Le Vengeur Masqué le 03/09/2020 à 19:07:47