Moonlight Haze - Lunaris

Catégories : Chroniques
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Il y a certaines rencontres que l’on ne pouvait pas prévoir et encore moins anticiper et ma découverte du projet de Moonlight Haze en fait partie. Ce combo de Metal Symphonique italien se compose de deux anciens membres du groupe compatriote Temperance : Chiara Tricarico et Giulio Capone, respectivement ancienne chanteuse et ancien batteur/claviériste. Et on peut dire que leur départ du groupe en 2017 ne les a pas trop démotivés puisque Moonlight Haze fut fondé l'année suivante et leur premier album De Rerum Natura est sorti dans la foulée le 19 juin 2019. Et c’est donc presqu’un an plus tard que nous découvrons Lunaris prévu le 12 juin 2020 toujours chez Scarlet Records.


Moonlight Haze revient donc un an après leur premier opus avec toujours le même line-up : le bassiste d’Elvenking Alessandro Jacobi et les guitaristes Alberto Melinato et Marco Falanga et les membres fondateurs, on retrouve même derrière le mix Simone Mularoni de DGM et derrière la pochette Beatrice Demori. On pourra cependant remarquer une pochette bien plus tape-à-l’œil et lumineuse que le précédent album, mais qu’est ce que cela peut-il bien signifier ? Chose surprenante, ce changement d’esthétisme ne sera pas révélateur d’un changement radical de direction musicale, comme quoi les fans du premier disque pourront être rassurés. En tout cas, on pourra toujours retrouver cette fascination qu’a le groupe pour la Lune, en plus de faire partie intégrante de leur nom et de leurs pochettes, on pourra de nouveau observer un titre comportant le nom de cet astre dans Lunaris : The Rabbit of The Moon, chanson reprenant le conte racontant les origines du lapin sur notre satellite. La composition de l’album reste aussi sensiblement la même avec 10 titres originaux avoisinant les 49 minutes dont un morceau approchant les 8 minutes, ici Nameless City, et la présence du violoniste de Elvenking Fabio Lethien Polo, qui semble être important sur plusieurs morceaux comme Without You, la ballade Of Birth And Death et Nameless City.

Mais si Lunaris épouse les mêmes formes que son prédécesseur De Rerum Natura, il n’en est pas moins différent. En effet, il serait assez réducteur de réduire Lunaris à ses quelques similitudes puisque le groupe sait nous réserver plusieurs bonnes surprises comme Enigma, un titre chanté en italien et le Nameless City très versatile ! Cela faisait d’ailleurs un moment que Chiara Tricarico n’avait pas chanté en italien, il nous faut remonter à l’album de Temperance de 2016 The Earth Embraces Us All pour retrouver ce genre de performance. Et il est vrai que ce type de morceau sonne de suite plus original et plus naturel. En effet, le chant de Chiara sur cette chanson semble plus percutant que sur la version anglaise, faisant office de bonus track, qui a d’ailleurs exactement la même mélodie à la mesure près.

Mais Lunaris c’est aussi l’apparition, ou du moins l’augmentation, de double chant effectué par Chiara dans différentes tonalités et styles, ce qui apporte bien entendu plus de mordant aux refrains ; même si l’on est en droit de se demander comment le morceau sonnera en live avec les backing tracks…
On pourra aussi voir apparaître un chant saturé de la part de Chiara sur The Dangerous Art Of Overthinking en plus de chœurs masculins servant d’appuis aux refrains. Un morceau ressemblant assez à ce qu’aurait pu nous servir Epica, on se souvient d'ailleurs du morceau Time de De Rerum Natura qui était lui aussi très proche d’Epica avec notamment Mark Jensen, son guitariste, en invité. On y découvre donc pour la première fois ce que peut donner Chiara dans ce registre et on peut dire que le résultat est très surprenant ! On était très loin de se douter qu’elle pouvait avoir un chant aussi sale et brutal, qui fera d’ailleurs un petit retour discret sur Without You.


En tout cas, Lunaris nous donne de plus en plus l’impression que le groupe s’est inspiré des grands du Metal Sympho pour nous apporter la recette la plus optimale : entre les ambiances à la Nightwish, les riffs parfois percutants à la Epica sur les envolées lyriques de la chanteuse, les mélodies épiques dues aux claviers, souvent moins kitschs que sur le précédent opus… Bref on navigue dans du grand Metal Sympho ! Les chansons, bien qu’elles ne soient pas extraordinairement originales, renferment toujours un esprit particulier sur un fond accrocheur avec des refrains très souvent entêtants. La recette a été bien adaptée à la sauce Moonlight Haze qui nous sert là un très bon album, solide sur ses acquis et annonciateur de bien belles choses pour l’avenir.

Par Gauvain - 05/06/2020

Commentaires

Toujours aussi bien écrit et bien chroniqué. Même si je ne suis pas tenté par ce genre, la lecture donne envie d'y plonger une, voire deux oreilles. Merci.


Le Vengeur Masqué le 21/06/2020 à 16:59:29