Katatonia - City Burials

Catégories : Chroniques
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Le 24 avril dernier, Katatonia a sorti chez Peaceville Records son 12e album City Burials. Et on peut dire qu’après un très paisible et mélancolique The Fall of Hearts sorti en 2016, l’attente a pu être particulièrement longue ; sachant que 4 ans était déjà la période séparant leur album Dead End Kings et ce dernier. Ainsi donc en 2020 Katatonia est de retour avec cet album un peu particulier qui arbore déjà une pochette originale. En effet, on est loin du travail de Travis Smith (Avenged Sevenfold, Riverside, Opeth, Anathema, King Diamond….) des précédents albums et on découvre une pochette réalisée par Lasse Hoile qui a participé à l’élaboration de beaucoup de projets de Steven Wilson et qui nous livre un artwork pouvant nous faire penser à Dead End Kings. On découvre donc une pochette bien sombre, en effet le noir n’avait pas dominé leur pochette depuis bien longtemps, dans un style bien particulier, est-ce donc annonciateur d’un changement musical radical ?


Dès les premières notes de Heart Set to Divide on comprendra que le Katatonia que l’on connait bien et qui est si cher à notre coeur n’a pas changé d’un pouce. Les mélodies sont toujours empreintes d’une belle mélancolie avec un chant toujours envoûtant de Jonas Renkse. Cependant on peut remarquer un certain changement, les morceaux sonnent bien plus hétéroclites qu’à l’accoutumée. On est donc loin des deux albums précédents, très homogènes et aux ambiances très similaires entre chaque morceau. Ici, on découvre plus un éventail de ce que peut nous faire Katatonia : un titre planant avec Lacquer qui rappelle le magnifique EP Kocytean, le lancinant Vanishers en duo avec la chanteuse Anni Bernhard, une musique qui porte vraiment bien son nom, les plus survoltés et entêtants Neon Epitaph et Fighters, le dynamique et changeant The Winter of Our Passing… Bref l’album semble bien plus complexe que prévu.

On aura ainsi le plaisir de découvrir un album plus naturel, si l’on croit les dires du chanteur, et qui change vraiment de d’habitude. En effet, entendre des changements d’ambiance n’est pas si habituel dans les albums de Katatonia. Et pourtant tout semble spontané, on navigue dans un fleuve extrêmement paisible sans réels morceaux insolites, tout se mêle parfaitement.
Les titres s’enchaînent et on découvre avec plaisir là où le groupe veut nous emmener au gré des ambiances si particulières dont seul lui a le secret. On sera donc quelque peu surpris aux premières écoutes de découvrir un album plus volatil que ses prédécesseurs mais ce sera par la suite une véritable force pour cet album ! De plus, un brin de nouveauté ne fait jamais de mal ! Si je devais donc comparer cet album à un autre de leur discographie ce serait certainement Night is The New Day qui avait pour lui le chic d’avoir des ambiances assez variées après un The Great Cold Distance magique mais très, voire trop, uniforme.


Et c’est vrai que c’est un peu cette magie que je recherchais dans les autres albums de Katatonia et ce fut donc un véritable plaisir de découvrir un album plus complexe à appréhender que d’habitude, renfermant quelques pépites envoûtantes de compositions. City Burials est étrange mais en rien déplaisant, il pourrait en bouleverser certains qui trouvaient Katatonia trop plat en découvrant cet album qui semble curieusement plus énergique. En tout cas Katatonia réaffirme sa présence sur la scène du Rock Progressif avec cet album qui a su se remarquer dans les charts mondiaux, en espérant que cela se reproduise aussi souvent que possible ! D’ailleurs pour pallier l’absence de tournée cette année, le groupe avait décidé de donner un concert en studio retransmis en direct pour 10€ le 9 mai et disponible en accès illimité jusqu’à la mi-juin ! Donc si vous voulez les soutenir en cette période difficile pour les artistes, foncez les écouter : https://bit.ly/2VSwYWc !

Par Gauvain - 14/05/2020

Commentaires

Du prog ! Et 12 albums de plus à découvrir du coup en ce qui me concerne. J’écris ce commentaire sans avoir encore écouté cet album mais le moins qu’on puisse dire c’est que des mots comme « étrange » ou « hétéroclite », ont tendance à piquer ma curiosité quand il s’agit de prog. Ou de n’importe quoi d’ailleurs... je m’en vais écouter ça. Merci pour la chronique ;) C’est concis et précis, tout ce qu’on aime.


Sirius le 14/05/2020 à 19:49:28