Alconaut - Sand turn to Tide

Catégories : Chroniques
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Si le Stoner Doom n'est pas un genre que je connais très bien, le contact d'Alconaut et la pochette de l'album m'ont donné envie de découvrir ce petit groupe afin de voir si la musique valait la qualité de la pochette. Dans son style années 70 couplé à un relent sudiste, la pochette m'inspirait un projet authentique et la musique m'a en effet rappelé certaines antiquités légendaires de la scène Metal - ce que je vous laisse découvrir dans ce billet et dans Sand turns to Tide

Dès le début d’album C1E_850 est intéressant car il mêle une guitare assez claire au son distordu et fuzz du Stoner, Alconaut développe alors immédiatement la dimension « maritime » et planante du groupe.
L’entrée dans le vif du sujet se fait avec Wizard of Sound et son Stoner Doom plus classique avec des guitares bien lourdes et en galops. On croirait entendre un mélange entre Motörhead, Van Halen et Black Sabbath et c’est plutôt un compliment quand on connait les qualités de ces groupes.
Les galops finis, Dune Cruiser apporte une tournure plus linéaire, avec plus d’arrangements certes mais au prix d’une perte de rythme, ce qui plaira aux amateurs de Stoner Doom puisque ça permet le développement de grands passages planants et de sons qui prennent beaucoup d’amplitude tels un fond cotonneux.
Goliath’s Son repart dans la lignée du deuxième morceau tout en faisant une bonne synthèse entre des passages musclés et d’autres plus trippants. Si la batterie et la guitare ont la part belle dans toutes les compositions, ce titre ci met en avant la basse puisqu’elle y dispose d’un passage soliste qui change de sa relégation en pure rythmique que l’on a trop souvent dans le Metal. D’autant que la batterie n’a pas besoin de soutien tant elle fait bien le travail, tantôt à la double-pédale, tantôt sans, mais maintenant toujours l’unité nécessaire à un son puissant
L’introduction de Mudslinger ne fait que confirmer cette qualité du groupe : rien de révolutionnaire, rien de très technique mais une levée de batterie efficace est parfois tout ce qu’il faut. Pour le pôle lyrique, la guitare sonne particulièrement dissonante dans le morceau. Mais il ne s’agit pas tout à fait d’une dissonance plate comme on en entend dans d’autres morceaux, les crescendos étouffés en dernière partie apportent une texture différente à celle-ci et viennent raffiner le travail du son.
Comme l’indique son titre, Escape Velocity est un morceau de rupture et il se démarque avec une guitare légère qui rappellerait Just Breathe de Pearl Jam tant le son et l’atmosphère du morceau sont les mêmes.
La cadence ralentit et tombe sur la démarche d’un Old Man, l’avant-dernier morceau de Sand turns to Tide alourdit alors une dernière fois son allure avec une guitare bien plus lente et des toms de batterie qui renforcent cette impression de pesanteur. Pour finir, l’intermède mélodique n’étant pas éternel, on retourne dans les ambiances Rock et chevaleresques avec Space Controler. Le choix du morceau pour clôturer l’album est plutôt judicieux puisque le titre est énergique, ce qui est toujours bienvenu dans un style assez lent - d’autant plus en fin d’album puisque c’est là que la lassitude risque de pointer le bout de son nez

Bien qu’il me soit difficile de donner un avis spécialisé sur Sand turns to Tide, je peux tout de même vous exprimer mon ressenti et celui-ci est plutôt bon. En effet, bien que le Stoner Doom ne soit pas du tout mon genre de prédilection, j’ai apprécié l’album – tant dans sa musique que dans sa pochette travaillée – et me suis surpris plusieurs fois à en siffloter des mélodies. Et comme le groupe s’inscrit dans une scène corse qui a du mal à parvenir à nos oreilles métropolitaines, je ne peux que l’encourager d’un traditionnel « Purtatevi bè »


Par Baptiste - 25/02/2020

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