Leprous - Pitfalls

Catégories : Chroniques
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Pitfalls ou la continuation de Malina ?

Leprous est de retour avec son nouvel album sorti le 25 octobre chez Inside Out. Après la sortie en 2015 de leur très acclamé The Congregation, Leprous frappait de nouveau fort en proposant Malina en 2017. Un album bien plus calme et envoûtant que son prédécesseur qui sonnait le glas du chant hurlé de Einar Solberg et des dernières touches guerrières ou Post-Black dans les mélodies. Le chanteur avait alors délivré une prestation exceptionnelle et plus particulièrement sur le morceau planant Malina et sur le grandiose, presque symphonique, The Last Milestone. Mais que peut donc bien nous réserver le groupe cette fois-ci ? Saura-t-il nous envoûter comme la dernière fois ? 


L’album commence donc par Below. Dès les premières secondes, on ne peut s’empêcher de penser à leur dernier single Angel, une reprise du titre planant de Massive Attack. En effet, le synthé apporte une touche particulière à la mélodie, un aspect un peu futuriste et dérangeant à la fois. Le tout marié avec le couplet de Einar donne un côté très ensorcelant à ce morceau. Et encore c’était sans compter l’arrivée du refrain encore plus déchirant sur la venue des guitares et de la batterie. Le violon de Chris Baum est alors venu remplacer le synthé pour la mélodie, ce qui donne à son côté très pesant, un aspect presque aérien ; un subtil mélange terriblement efficace. Lequel sera bien mis en avant par le remplacement du synthé un peu étrange par des sonorités plus aiguës par la suite et la persistance des guitares et du violon. En tout cas, l’entrée en matière de cet album est splendide : Leprous nous assomme avec une mélodie chargée en émotion avec une ligne de chant tout bonnement épique. Et c’est d’ailleurs bien la première fois que j’entends des onomatopées qui servent aussi bien une chanson. Ce sera d’ailleurs le violon qui conclura le morceau, un signe annonciateur de leur nouvelle direction ?!

S’ensuit I Lose Hope, un titre dont l’intro très disco me fait penser à Neon de Port Noir, première partie de leur tournée, en bien plus maussade. Ce qui, d’un autre côté, colle parfaitement à l’ambiance que veut dégager la chanson. Contrairement à Below, on n’aura pas le droit à une explosion pour le refrain mais plutôt à un titre très posé dans un sens. On tombe dans un morceau assez Pop avec un chant très léger de la part d’Einar qui sert magnifiquement la mélodie que certains comparent à du Daft Punk dépressif. En tout cas, c’est vrai qu’il y un côté électro caché derrière les mélodies. Ce qui est ici hallucinant est que les paroles ont été écrites par le guitariste Tor Ooddmund Suhrke qui s’est imaginé à la place d’Einar. Et on peut dire que le guitariste est doué car Einar y livre ici une prestation très touchante.

Observe The Train
ira plus loin dans la tranquillité avec une intro au clavier très apaisant. Là encore Einar surprend avec une ligne de chant plus ensorcelante encore sur les refrains avec quelques doublements de voix, à la limite du canon, pour apporter un aspect encore plus charmeur. Et il est vrai que les mélodies servent vraiment de faire valoir à la voix de Einar ! En effet, les instruments resteront toujours en retrait et en soutien jusqu’à l’apothéose finale où le violon viendra bousculer l’ultime refrain en même temps qu’une guitare classique et d’autres divers effets. Bref, Observe The Train est la ballade de l’album !

Tiens donc, ne serait-ce pas une guitare à la The Congregation que j’entendrai sur By My Throne ? En tout cas le riff de guitare est hypnotique et est vite rejoint par une basse avant d’être remplacé par cette dernière pour l’arrivée du chant. Leprous garde cette ligne directrice, que l’on commence à cerner, qui est des titres calmes, minimalistes dans les riffs, grandiose dans les arrangements, avec une voix très mise en avant. D’ailleurs sur ce morceau, les vocalises d’Einar y seront des pistes récurrentes. En tout cas, les mélodies lancinantes jouent avec la voix qui tantôt s’efface, tantôt supplante tout pour mieux nous subjuguer. Et là encore, les paroles sont signées Suhrke qui signe décidément de bien belles performances.

Alleviate commence comme Below, avec un thème très simple et répétitif, Une basse ronde, mais discrète accompagne le tout avec un synthé de l’époque Malina. En tout cas, la batterie et le violon nous annoncent une future explosion mais ce sera plutôt la venue du violoncelle qui sera là pour nous surprendre. Mais ce dernier ne pouvait repousser l’inévitable plus longtemps, et la batterie et le violon annonçant cette montée tant attendue pour le refrain revinrent pour nous éblouir ! Tout y est grandiose, les arrangements, le chant aérien et entêtant d’Einar, les chœurs plus chauds en fond et la mélodie qui sonne terriblement épique. Certes, la première écoute de ce titre pourra être un peu déstabilisante devant cet intrus, car il sonne comme une chanson de l’Eurovision dans sa construction, mais à force d’écoutes le morceau devient de plus en plus intéressant et s’intègre de mieux en mieux dans l’album.

At The Bottom commence avec un synthé accompagné d’une batterie électrique, chose bien particulière pour un morceau de Leprous, mais qui n’est en aucun cas dérangeant, Baard Kolstad étant en effet batteur-DJ, en plus d’être celui de Rendezvous Point, autre groupe de Prog norvégien. Le début bien calme est vite supplanté par la venue d’une basse énergique, bien trop rare depuis le début de l’album, sur un refrain très mélodieux et entêtant. On dirait que Suhrke, qui signe encore les paroles, est vraiment doué pour écrire des chansons accrocheuses pour la voix d’Einar. At The Bottom détonne bien par rapport au reste de l’album qui était jusqu’à lors plus mou. Leprous signe ici un morceau qui mélange à la perfection The Congregation et Malina de part son esprit très dynamique, ses arrangements, le choix des claviers utilisés et sa conclusion très particulière... Le morceau en devient très facilement le plus marquant après toutes ces écoutes surtout notamment par son refrain inlassable et la construction de ses mélodies enchanteresses.

Après autant d’énergie, il fallait bien sûr faire retomber tout ça avec Distant Bells. Bien que le bassiste fut assez discret tout au long de cet album, Simen Daniel Lindstad Børven, co-écrit avec Einar ce morceau. Ici on a le droit à un morceau rappelant la délicieuse The Last Milestone du précédent opus du quintet avec un violoncelle et un piano très omniprésent sur un chant un peu plus aigu que d’habitude de la part du chanteur. Bien que les arrangements soient fascinants, ce titre n’est pas le plus marquant de cet album. Et pour cause, ce magnifique morceau, n’est pas ici pour être le morceau impactant de l’album, mais plutôt une aventure musicale. Et comme Alleviate, le final du morceau est tout bonnement hallucinant ! Le chant d’Einar est sublimé par un déluge d’orchestrations, un groove à la batterie sublime, et un piano placé très justement dans le mix !

Mais malheureusement pour Distant Bells, il sera placé derrière le second titre le plus énergique de cet album, j’ai nommé Foreigner ! Une belle touche de nostalgie nous envoûtera aisément avec ce titre tout droit issu de l’univers de The Congregation avec ces riffs si particuliers qui donnent un air épique à la chanson. Loin d’être le plus original, pour du Leprous, Foreigner était vraiment l’inattendu de cet album. Après tous ces morceaux, on était loin de penser que le groupe allait nous livrer un morceau ainsi. Ce qui nous laisse bien songeur sur ce que va être le dernier morceau The Sky Is Red.

Et décidément, on retombera dans l’époque de Coal et The Congregation avec une maturité de composition bien plus grande. L’intro est grandiloquente entre ces chœurs épiques et ce riff nostalgique. Après le titre se voudra plus classique dans sa construction tout en apportant plusieurs surprises en cours de cette épopée de onze minutes. Les chœurs se voudront très présents à travers tout le morceau que ce soit comme base de la quasi-totalité des mélodies en arrière-plan ou bien en premier plan pour voler un peu la vedette d’Einar. Ce qui sera plus inattendu par contre, sera la seconde partie du morceau avec un son lancinant au faux ton d’alarme appuyé par un martèlement constant quasi militaire des toms et des chœurs toujours présents. Ces derniers seront d’ailleurs vite rejoints par les guitares et la basse tout comme d’étranges samples dissonants. Pour cette conclusion on pourra dire adieu à la voix d’Einar mais bonjour aux chœurs encore plus massifs et extraordinaires ! Et étrangement, à la fin de ce passage on sera étonné du fait que ce soit déjà fini. En effet ces cinq dernières minutes auront passé à vive allure et nous laisseront sur un sentiment agréable d’avoir été surpris jusqu’à la dernière seconde…


Leprous signe avec Pitfalls un retour triomphal ! Et ce n’était pas forcément aisé, entre les bijoux qu’étaient les précédents albums, apporter quelque chose d’aussi original était un véritable défi et Einar Solberg devait en plus sortir de sa dépression, qui le vidait de toutes pensées créatrices. C’est peut-être pour ça d’ailleurs que cet album transpire autant la mélancolie, puisqu’il a presque intégralement composé l’album. Ainsi il en retourne un album bien plus personnel pour le frontman qui n’apprécie guère toutes les compositions de Malina. Malheureusement, cet album pourra sonner bien mou pour les nostalgiques des premiers albums avec les morceaux qui sont bien plus calmes qu’à l’accoutumée.
Pourtant, avec ses neuf morceaux pour 55 minutes, Leprous signe un album qui passe bien vite. En effet, les compositions sont très abordables entre les orchestrations et les mélodies peu agressives. D’ailleurs le violoncelliste Raphael Weinroth-Browne, ayant joué un rôle déterminant dans l’album, sera présent lors de toute la tournée européenne du groupe ! 
Cet album nous aura ainsi appris une chose avec Leprous : il ne faut jamais s’attendre à quoi que ce soit ! Et j’ai bien hâte de savoir dans quelle direction le groupe va aller pour la suite. En tout cas, leur avenir semble bien brillant !

Par Gauvain - 04/11/2019

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