Throwback: Peste Noire - La Sanie des Siècles

Catégories : Chroniques
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La semaine dernière était un anniversaire marquant pour beaucoup de blackeux, mais je ne pense pas que beaucoup s’en soient souvenus. Il y a treize ans sortait le désormais culte Panégyrique de la Dégénérescence ou La Sanie des Siècles de Peste Noire. Cet album et cet album seul a suffi à asseoir Peste Noire sur la scène internationale mais surtout à faire valoir l’excellence de la scène française dans le monde entier. Combien de chevelus se sont trouvé une passion pour l’histoire en l’écoutant et combien de latinos ont beuglé de venir au Brésil… 


La Sanie des Siècles, ce sont des riffs composés dans la lignée d’un Black à la Burzum du début jusqu’à la fin, sans jamais tomber dans la facilité d’un son baveux ou des powerchords chiants. Mais avant tout, c’est déjà un album d’expérimentation : jouées par une guitare valseuse, les premières notes montrent déjà que Famine veut expérimenter musicalement – et il faut reconnaître qu’il a su maintenir cette dynamique jusqu’à nos jours.

En plus de son travail dans les riffs, les solos sont particulièrement remarquables. N’hésitant pas à mettre plusieurs soli dans une même chanson, Famine ne se contente pas de structures basiques mais rajoute sans cesse une couche de guitare concupiscente qui a grandement fait à l’atmosphère médiévale de l’album. 

Outre cela, cet album a assis beaucoup des meilleurs acteurs de la scène Black Metal actuelle : Indria à la basse, Winterhalter à la batterie et Neige au chant sur Spleen. Si le chant de Neige sur Dueil Angoisseus a pu déséquilibrer la renommée de l’album, il faut reconnaître que les trois musiciens qu’avait recruté Famine ont assuré toutes leurs tâches avec brio - notamment Winterhalter qui a nettement amélioré la batterie par rapport aux précédents KPN - et se sont maintenus comme des maîtres du Black français. 

Enfin, le dernier apport majeur de Peste Noire a la scène française a été la culture. Alors oui, on avait déjà des groupes très culturels comme Deathspell Omega mais les reprises de Spleen de Baudelaire et de Dueil Angoisseux de Pisan ou Laus Tibi Domine en latin ont sorti la scène Black française d’un pied en-dehors d’un Black certes très bon mais assez pauvre culturellement. Cet album a confirmé que le mouvement de rejet qu’incarnait le Black Metal pouvait se cristalliser dans des domaines différents et n’avait pas à tout mépriser d’une manière aveugle. 

Alors oui, cet album a aussi donné une renommée mondiale à un néonazi qui se serait probablement suicidé autrement. Il rentre aussi dans l’esthétique Black Metal en armure et en piquants malgré un schisme net avec le Raw Black. Mais ça a été l’album de confirmation de KPN avec un Famine au chant bien meilleur et un nombre conséquent d’apports dans la scène locale. 


Notons que le lendemain, le 3 août sortait Souvenirs d’un autre Monde d'Alcest, un album qui a défini tout un genre.  Cet album a treize ans lui aussi et malgré le profond respect que j’ai pour Alcest j’ai décidé de ne pas en parler. Tout d’abord car Alcest est désormais bien plus accessible que Peste Noire et tout simplement car Alcest n’a pas à être dit et les babillages de Tir Nan Og le montrent bien. KPN raconte alors qu’Alcest ressent. Donc en mémoire de ce début d’Août 2007 si marquant pour les scènes françaises et internationales, écoutez donc La Sanie des Siècles et Souvenirs d’un autre Monde à la suite, vous pourrez déjà apprécier l’évolution du Black Metal et ressentir la fierté d’être de cette scène francophone, c’est un peu notre 14 juillet à nous. 


Par Baptiste - 09/08/2019

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