Interview Deadly Carnage

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Pour fêter l'anniversaire de leur dernier album Through the Void, Above the Suns, j'ai pu échanger quelques messages avec le chanteur de Deadly Carnage et nous avons évoqué la conception musicale du groupe, le concept derrière l'album et peut-être le thème de leur futur album! 


Radio Metal Sound : Quatre ans ont passé entre votre dernier album full-length, Manthe et Through the Void, Above the Suns, comment s’est passé le processus de composition pendant tout ce temps ?

Deadly Carnage : En fait il y a eu l’EP Chasm qui est sorti en vinyle lors du processus de composition. Chasm a été un chapitre important pour le groupe puisque nous célébrions les dix ans d’existence de Deadly Carnage ainsi que le départ de notre premier chanteur Marcello 
Les années suivantes, nous avons réussi en restant à quatre en trouvant un nouvel équilibre et en essayant d’autres manière de s’exprimer, avec un concept-album. 
Il y a donc une vraie histoire derrière ces morceaux. Nous avons essayé de suivre une histoire que nous avions à raconter avec des sons et des émotions. C’était pas très facile, plusieurs fois nous avons détruit, réarrangé ou réécrit nos morceaux pendant ce processus jusqu’à ce que nous ayons trouvé une satisfaction et une cohérence entre la beauté de la musique et l’histoire elle-même 

Radio Metal Sound : Quel a été votre projet avec Through the Void, Above the Suns, en créant un album ainsi axé sur l’univers ?  

Deadly Carnage : Tout d’abord, notre but a été de créer quelque chose que nous apprécions, nous aimons faire des choses agréables à jouer sur scène, rien que pour nous. Quelque chose d’agréable jusque dans les visuels. 
Ensuite, nous avons cherché à expérimenter une nouvelle méthode d’expression musicale avec une nouvelle approche. Through the Void, Above the Suns est ce que nous sommes, ce que nous sommes capables de faire et qui représente purement le groupe à ce moment précis. Nous sommes en constante évolution et notre prochaine œuvre sera une évolution peut-être totalement différente de cet album 

RMS : Vos chansons semblent tisser une certaine spiritualité cosmique, attribuant au cosmos une forme de volonté, un souffle et un ordre. Pourriez-vous développer celle-ci ?  

DC : Pour ce qui me concerne, c’est tout à fait ça. J’ai imaginé une histoire où il y a un univers vivant et respirant, essayant de survivre. Il crée de l’ordre, la gravité et la gravité crée des nébuleuses et des étoiles, etc. Les étoiles transmettent des données à travers les photons et éventuellement ces données prennent forme dans quelque chose de plus manipulable et créent la vie, la vie peut donc manipuler le cosmos lui-même. Comme une cellule géante, nous avons un sens à l’intérieur de notre corps et notre tâche est d’observer, notre vue peut générer des multivers et éloigner chaque seconde l’entropie.  
« We are the eyes, that universe uses, to watch itself… ». Etre conscient de ce que c’est, essayer de trouver un moyen de survivre alors que nous cherchons dans le même temps un sens à la vie… et c’est très proche de ma philosophie personnelle.  

RMS : Seul morceau en italien de Through the Void, Above the Suns et doté d’un clip, Ifene semble tenir une place particulière dans l’album. Est-ce le cas et si oui pourquoi ?  

DC : J’ai personnellement désigné et animé ce clip en quelques semaines de travail, donnant par là l’idée du concept entier de l’album. Ifene peut sembler spécial parce que c’est aussi un sommaire des styles musicaux de l’album, changeant fréquemment au travers de toutes les influences que nous avons. 
« Tra lucenti ruscelli, cosi distanti da me, scindo il tempo, in aurore ». Le sens du couplet est « Parmi des flots scintillants, si loin de moi, je divise le temps en des aurores ». L’auditeur est alors complètement immergé dans le cosmos, si immergé qu’il est entre les planches de l’espace-temps, observant la naissance de multivers avec différentes variables. En tant qu’êtres humains, nous devons suivre qu’un seul chemin, alors que les autres coexistent dans des temporalités différentes Ecrire des paroles dans notre langage maternel est parfois paradoxalement plus dur qu’écrire en anglais parce que les mots italiens ont une musicalité différente et créent des poèmes différents. Quelque chose qui sonne bien en anglais peut être totalement ridicule en italien. Le titre Ifene est d’ailleurs une italianisation du mot anglais « hyphen ». 

RMS : Vous vous présentez comme un groupe de Post-Black/Doom, revendiquez une musique sans barrières musicales et vos morceaux contiennent beaucoup d’inspirations diverses. Comment articulez-vous tous ces écarts musicaux dans votre liberté ? 

DC : La réponse peut être plus simple que la question elle-même : nous ne nous plaçons pas dans des impasses. Pour nous autres, notre sentiment est que nous ne jouons pas d’un genre mais nous racontons des histoires et les histoires contiennent différentes émotions, différentes actions, différents personnages… Je ne dis pas par cela que nous ne sommes pas capables d’interagir avec les genres musicaux mais nous pouvons aussi jouer avec, avec une vision extérieure d’artiste et pour l’instant nous aimons les sons puissants. Pouvez-vous imaginer un film avec une bande-son totalement constante qui ne suivrait pas l’action de protagonistes ? La même musique dans les scènes romantiques, dans les scènes d’action, dans les moments dramatiques… C’est terne et c’est de la merde.  

RMS : La scène Black Metal italienne n’est malheureusement pas assez connue (par rapport à la scène nordique ou même allemande), quel est votre ressenti par rapport à celle-ci ? 

DC : Honnêtement, je me suis toujours senti mal-à-l’aise dans le cercle du Black Metal. Nous ne renions pas notre passé et nous respectons les autres qui jouent de ce genre mais il n’y a plus grand-chose à dire sur ces thèmes. Nous trouvons que les scénarios du Post-rock et du Post-metal contiennent des pensées plus profondes et plus riches et c’est ce vers quoi nous tendons. 

RMS : Votre discographie et votre esthétique semblent s’épurer de plus en plus, passant d’un Black Metal fort à un Post-Black/Doom plus harmonieux et lisse, quelle évolution sentez-vous au sein de votre carrière ?  

DC : Si la musique est un moyen d’expression et bien notre musique a changé alors que nous grandissions en tant que personnes. Et il y a encore tant à apprendre 

RMS : Ca fait déjà un an que votre dernier album est sorti, que prévoyez-vous pour les temps à venir ? 

DC : Comme je l’ai dit auparavant, nous sommes en évolution constante donc nous écrivons de nouvelles compositions et de nouvelles histoires bien sûr. Avec Through the Void, Above the Sunsnous avons atteint les univers les plus lointains, peut-être que dans le futur nous plongerons dans les mers profondes.


Si vous aimez le très bon Post-black, n'hésitez pas à aller soutenir Deadly Carnage sur Facebook ainsi que sur Bandcamp, leur travail est très bon et ils valent le détour. Si vous ne l'avez pas encore vu, vous pouvez aussi retrouver ici le lien du clip de Ifene - les amateurs de Gojira sauront y associer un autre clip. 

Par Baptiste - 24/05/2019

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