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Obscura - Diluvium - Chroniques

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   Obscura est un groupe qui s’est rapidement hissé parmi les maîtres du Technical Death Metal, notamment grâce à l’album Cosmogenesis dont la sortie, en 2009, a eu l’effet d’une bombe au sein de la scène « Tech », qui n’était encore qu’émergente. C’est de là que Steffen Kummerer, guitariste, chanteur, et leader du quartet eu l’idée de prolonger le concept de Cosmogenesis avec 3 autres albums racontant l’évolution de l’éternel cycle de la vie et de la mort : Omnivium (2011), Akroasis (2016), et Diluvium, le dernier en date, dont on va parler aujourd’hui. 

   Étant l’un des premiers groupes qui m’a immergé dans le monde du Tech Death, Obscura a une place très particulière dans mon petit cœur de chroniqueur. Cet album marquant la fin du cycle débuté par Cosmogenesis, mon attente quant à ce dernier était énorme. Il fallait que ça soit grandiose, marquant, sans tomber dans un empilement de riffs à l’intérêt douteux comme ce fut le cas dans le dernier album en date : Akroasis. Et bien je n’ai pas été déçu, loin de là.  

   Diluvium est selon moi l’aboutissement du cheminement musical de Steffen Kummerer. Il est intéressant d’écouter cet album dans le contexte où il représente la fin d’un cycle. En cela, il doit se distinguer des autres, et c’est indubitablement le cas. C’est un album très « tragique », duquel émane énormément d’émotions et de sensibilité, mais qui conserve tout de même le style fondamental du groupe, avec ses riffs très recherchés, ses transitions complexes, et sa mélodicité poignante. 

   Les morceaux du groupes ont toujours été relativement courts, et leurs structures plutôt simples, par rapport à d’autres groupes du même genre. Mais c’est encore plus flagrant sur Diluvium, où l’accent a vraiment été mis sur l’efficacité. En cela, cet album m’a semblé très sincère dans sa démarche, et dans son écriture. Certains passages sont clairement des hommages aux groupes ayant influencé Obscura, sans pour autant tomber dans une simple imitation. A titre d’exemple, le morceau Etheral Skies déborde de sonorités similaires à celles qu’utilise Cynic, que ça soit au niveau des riffs, du vocodeur, du jeu de batterie de Sebasian Lanser, ou des signatures rythmiques très alambiquées. Mais il y a tout de même de nombreuses expérimentations, comme la présence d’un orchestre à cordes, utilisé à la fois pour apporter de la prestance au morceau, mais aussi pour servir l’atmosphère mystique qui se dégage du solo et des Lead du nouveau guitariste du groupe : Rafael Trujillo

   Parlons-en d’ailleurs, de ce nouveau guitariste ! Obscura a toujours eu des solistes d’une virtuosité incroyable, avec Christian Muenzner (Ex-Necrophagist) et Fountainhead. Succéder à ce dernier n’est clairement pas une tâche aisée, et au vu de certaines prestations live de Rafael Trujillo avec le groupe, il y avait de quoi s’inquiéter pour ce qui est de la qualité du jeu lead pour cet album… Et pourtant, Trujillo est selon moi le meilleur soliste que Obscura ait eu jusque-là. Son style de composition correspond parfaitement avec les intentions et les ambitions de cet album, et sa présence pousse le groupe vers les sommets. Sa capacité à exprimer l’intensité d’un climax et à gérer la progression jusqu’à ce dernier est fabuleuse, notamment sur le morceau Mortification Of The Vulgar Sun, où son jeu lead quasi omniprésent rend l’écoute fluide et jouissive. Sans parler de ses solos tantôt épiques et mélodiques (Emergent Evolution), tantôt dissonants, teintés d’une touche Blues (Ekpyrosis), diversifiant les nombreuses ambiances de l’album. Et quelles ambiances !  

   Entre les nombreuses interludes acoustiques au sein des morceaux, les appels divins lancés par la voix vocodée de Kummerer, et la forte présence des effets tels que la reverb et le delay tout au long de l’album, Diluvium surprend par sa volonté de nous immerger dans un autre monde. C’est notamment grâce à cela que j’ai trouvé l’album particulièrement chargé en émotion : la musique est très illustrative et prenante. Si en plus de cela on lit les paroles en même temps, l’écoute se transforme en voyage cosmique, grandiloquent et extraordinaire. Le groupe arrive même à concilier les riffs techniques, mélodiques, et ultra efficaces avec ces atmosphères prenantes et aérienne, dans les chefs d’œuvre que sont Convergence, et ses solos d’anthologie. De plus, il n’y a que très peu de riffs se basant uniquement sur la lourdeur du son et le groove excessif, ce qui est une très bonne chose puisque cela a la fâcheuse tendance à ruiner certaines ambiances instaurées plus tôt. Obscura a même l’intelligence de se servir de ce genre de riff pour illustrer la puissance énorme qui se dégage des concepts évoqués par les paroles, un peu à la manière de Gojira, comme dans le morceau titre Diluvium, et son refrain massivement imposant. 

   Bon, aller, puisqu’il faut chipoter, il faut maintenant évoquer les détails qui m’ont déçu. Premièrement : l’absence de climax final. L’album se termine sur An Epilogue To Infinity, un morceau certes très puissant et très évocateur, mais puisque l’album en lui-même est déjà très puissant, voire lyrique, un long morceau, une « apothéose finale » comme dirait notre chroniqueur Max YME, aurait été très pertinent dans le cas où cet album représente la fin d’un cycle. Pire même, dans sa version Deluxe, l’album se finit par A Last Farewell, une courte instrumentale à la basse dont l’intérêt m’échappe totalement.  

   Il y a aussi une assez forte redondance dans la forme des riffs. Les groupes de Tech Death ont souvent tendances à évoluer dans leur manière de composer les riffs, mais à oublier toutes les autres possibilités qu’ils ont à leur disposition pour créer de nouvelles choses. Et bien pour Obscura, j’ai l’impression que c’est l’inverse : le riffing du groupe a très peu évolué depuis Cosmogenesis, c’est assez flagrant dans les compositions écrites par Kummerer. Même si ces dernières sont selon moi les plus efficaces, elles sont également les plus classiques et les plus prévisibles.  

   Pour conclure, je dirais que Diluvium est l’apothéose musicale de Obscura. Nombreux sont ceux qui placent cette apothéose dans l’album Omnivium, mais Diluvium est selon moi beaucoup plus sincère dans les émotions qu’il transmet, et dans les différentes ambiances qu’il a à offrir. Il est particulièrement rare de voir un groupe de Tech Death évoluer ainsi, et encore plus lorsqu’il s’agit d’un des pionniers du genre. Comme toujours, ce sont ces albums-là qui engendrent des nouveaux groupes, et de nouveaux genres, diversifiant encore plus la scène. 

18.5/20

Par Pacôme - 05/10/2018

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